1) Dans la continuité des actions de l’association Destination Réussite vous avez organisé, le samedi 27 février 2010, une rencontre sur les métiers du sport. Que retiens-tu de tout ce qui a été dit ?
Le concept de nos conférences-rencontres est de mettre en contact les socioprofessionnels de différents secteurs d’activités et le public (étudiants, chercheurs d’emploi, porteurs de projets). Au cours de ces conférences nous demandons aux intervenants des témoignages très concrets sur leurs parcours et leur quotidien dans leur métier. Cette formule permet d’avoir chaque fois un échange sincère, constructif et particulièrement riche. Nous avons de très bons retours du public, qui repart toujours avec de précieuses informations, d’autant plus que de par la nature de l’échange, le débat est souvent passionné et se fait à bâtons rompus.
En l’occurrence, ce fut le cas pour la rencontre sur les métiers du sports, auquel le CROS de La Guadeloupe nous a fait l’amitié de participer, à travers la présence de votre Président Monsieur Alain SOREZE.
Il me semble que les informations principales qui se dégagent de cette rencontre, sont d’une part qu’il existe plusieurs débouchés pour travailler autour du sport : l’enseignement, la fonction publique, la médecine spécialisée, etc. Les jeunes ont ainsi pu prendre conscience que la carrière de sportif professionnel n’est pas l’unique façon de vivre de sa passion.
D’autre part, en revanche, le jeune Guadeloupéen qui souhaite exercer dans ce métier se heurte à la réalité du marché de l’emploi en Guadeloupe : peu ou pas de poste à pourvoir, manque d’infrastructures, absence d’une réelle politique de valorisation du sport en Guadeloupe. Ce constat est d’autant plus choquant lorsque que l’on sait le nombre de sportifs originaires de la Guadeloupe qui évoluent dans l’élite mondiale, toutes disciplines confondues… Par ailleurs, il y a un réel potentiel économique autour du sport local qui reste complètement inexploité. Les témoignages de Boris CARENE et de Johanna DANOIS ont mis en lumière les difficultés que rencontrent nos sportifs locaux… je pense que des actions doivent être entreprises pour améliorer les choses.
2) Très souvent en Guadeloupe, on a l’impression que le sportif comme l’artiste n’est pas bien récompensé de ses efforts et talents; ils ne « réussissent » pas comme dans d’autres pays, ils ont du mal pour leur insertion et leur reconversion. Comment analyses-tu la situation du jeune sportif en Guadeloupe ?
D’après les témoignages que nous avons pu entendre, il semble que les choses soient assez difficiles pour nos sportifs. Je parle bien sur en tant qu’observateur extérieur, puisque je ne peux pas prétendre bien connaître le milieu, mais l’impression que j’ai eu est qu’ils étaient plus ou moins livrés à eux-mêmes : c’est souvent un Maire de commune ou un président de club, qui par sympathie (ou autres raisons) aide le sportif à trouver un emploi, souvent précaire, afin qu’il subvienne à ses besoins et puisse continuer sa pratique. C’est déjà bien, mais pour arriver au top, le sportif à besoin d’une vraie structure, d’un réel accompagnement. Bien entendu il y a le CREPS, mais il faut d’autres pôles d’excellence, et plus de professionnels pour accompagner nos sportifs dans leur progression.
Dans le cadre de la préparation de mon album, je suis allé en Jamaique en 2007. J’ai vu les structures mises en place et les initiatives du gouvernement pour soutenir l’athlétisme local. Croyez-moi, ce n’est pas un hasard s’il y a un Usain BOLT aujourd’hui ! Et cela ne m’étonnerait pas qu’ils produisent d’autres grands champions dans l’avenir.
3) Et ces jeunes diplômés ou ces jeunes formés qui n’arrivent pas à trouver un métier dans le domaine du sport ? Au cours de la rencontre certains ont dénoncé l’absence des politiques. Que faire selon toi ?
Il faut simplement exalter les responsables politiques à faire leur travail ! Je pense que l’importance d’avoir une réelle politique de développement pour le sport n’est plus à prouver, tant pour des raisons économiques que pour le rayonnement de notre Guadeloupe.
4) Quelles seront les initiatives futures de Destination Réussite ?
Entre mars 2009 et mars 2010, nous avons organisé 13 conférences. Ce qui fait une moyenne de plus d’une conférence par mois depuis un an. Nous pensons donc organiser un cocktail au mois de juin, pour remercier tous nos bénévoles, ainsi que les intervenants qui nous ont soutenus.
Durant les grandes vacances, nous organiserons des stages de danses pour les plus jeunes, comme nous l’avons fait l’an passé, puis nous reprendrons les conférences à partir du mois d’octobre 2010. Nos prochains thèmes seront, entre autres, l’Artisanat, le tourisme et l’environnement, les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
5) Tu as entrepris cette action, peux tu nous parler de freins et d’obstacles que tu rencontres ou ressens ?
Je dois dire que le soutien des responsables politiques est assez timide. L’espace régional nous a cependant été mis à disposition gracieusement pour la conférence sur les métiers du sport.
Mobiliser les jeunes autour du concept de « conférence » est également un défi. Il est plus facile de les voir se déplacer pour un concert ou une soirée. Mais l’Association DESTINATION REUSSITE a choisi de relever ce défi. Nous croyons en une jeunesse capable de se prendre en main et de construire son avenir.
6) Qu’est ce qui te motive ?
Je trouve que pour un artiste, l’engagement associatif est une façon noble d’utiliser sa notoriété. Si mon influence auprès des jeunes peut avoir un effet positif sur leur vie, alors j’en serais très heureux.
Nous sommes sur une petite île où les problèmes sont nombreux, chacun doit apporter sa petite contribution pour améliorer les choses. Sé grenn diri ka fè sak diri.
7) Es tu toi même un sportif ? Quel sport ? Quelle pratique ?
Je suis un karatéka. J’ai pratiqué pendant plus de 10 ans au Club KARATE-DO au Hall des sports de Bergevin, avec les frères Dorville que je salue au passage. J’ai été plusieurs fois champion de La Guadeloupe et champion Antilles-Guyane. La compétition et la pratique du Karaté ont beaucoup contribué à forger ma personnalité. Malheureusement, je n’ai plus trop le temps, je fais un footing de temps en temps…