Un an après la mise en place du plan Antilles-Guyane d’athlétisme, le comité directeur du CROS de la Guadeloupe a reçu le 31 mai dernier, le Président de la ligue Guadeloupéenne d’athlétisme M. Camille ALEXANDRE et une délégation de la fédération française d’athlétisme.
Menée par son président Bernard ANSALEM, accompagnée entre autre de Marie-José PEREC, triple championne olympique, la délégation est en tournée dans les 3 DFA jusqu’à la fin de l’année où plusieurs visites sont programmées.
Le maintien des athlètes dans leur environnement familial
Cette rencontre avait pour objet de faire un premier bilan du déploiement du plan en Guadeloupe dont la copie finale sera rendue à l’aune des jeux olympiques de 2016 à Rio.
« Notre objectif est d’amener un grand nombre d’athlètes Antillo-Guyannais à Rio et nous voulons nous donner les moyens de nos ambitions » a indiqué le président ANSALEM.
Une ambition qui passe par le renforcement de l’encadrement technique. En atteste, la création de 3 postes de cadres techniques dans les 3 départements et la présence du CTN Kathy CHAM, basée en Guadeloupe dont la mission s’étend pour autant à l’ensemble du bassin caribéen.
Cette initiative prioritaire pour le ministère des sports selon M. ANSALEM vise à redynamiser l’athlétisme et à renouveler l’élite de cette discipline.
La stratégie arrêtée privilégie la formation des athlètes dans leur environnement familial et socio-affectif. « On constatait les difficultés liées au déracinement de ces sportifs une fois arrivée à l’INSEP » a expliqué le DTN, Ghani YALOUZ, et d’ajouter que « c’est une problématique rencontrée dans d’autres régions de l’hexagone ».
De plus, la formation professionnelle ainsi qu’un suivi médical obligatoire et encadré sont les deux axes phares de ce plan.
« L’athlète est un radar affectif »
Plus encore, l’un des chantiers d’importance auquel souhaite s’attaquer la fédération concerne la relation entraîneur/entraîné. « L’athlète est un radar affectif » schématise le DTN. « Le haut niveau demande une remise en question que trop peu d’entraîneur sont prêts à faire dès lors qu’ils ont conduit un jeune aux championnats de France. Le sportif doit être au cœur du système et non l’entraîneur » a-t-il prévenu !
Le Président de la ligue guadeloupéenne dénonce également sous nos cieux la permanence de cette mentalité. « On a organisé la participation d’entraîneurs guadeloupéens à une conférence caribéenne parce qu’on souhaite bénéficier de l’expérience de nos homologues caribéens. Malheureusement, nous avons fait l’objet de critiques nous reprochant la barrière de la langue, ce qui prouve que la motivation permettant de se remettre en question n’est pas toujours au rendez-vous » a relaté Camille ALEXANDRE.
Le recul de l’école dans la détection des jeunes talents
Les membres du comité directeur du CROS et la délégation d’athlétisme se sont émus du recul de l’institution scolaire dans la détection des jeunes talents. Parallèlement, Madame MARTOL, vice-présidente du CROS, n’a pas manqué de relever l’absence des détecteurs sur les manifestations organisées par l’USEP ou l’UNSS alors même qu’elles réunissent plus de 700 jeunes.
Pour le président du CROS, les jeunes manquent de motivation car les échéances sportives en dehors des Carifta Games les enjeux sont trop éloignés dans le temps, ce à quoi M. Ansalem a rétorqué que les échéances nationales et européennes font partie à part entière du calendrier de nos sportifs. « Un peuple qui ne sait pas valoriser ses élites sportives manque d’ambition sportive. Dans le cadre de la campagne EVO nous avons montré à des enfants plusieurs photos de sportifs, ils reconnaissent Lionel MESSI, Usain BOLT mais pas Marie-José PEREC » a déploré Alain SOREZE.
Interrogée par M. CORENTHIN sur son regard sur l’athlétisme guadeloupéen, Marie-Josée PEREC a déclaré que « le haut niveau exige une remise en question constante, c’est un point sur lequel nous devons progresser, ne pas rester sur nos acquis. Or quand je reviens en Guadeloupe j’ai l’impression que les sportifs sont confrontés aux mêmes difficultés qu’à mon départ ».
Cette rencontre entre les représentants du Mouvement Sportif Guadeloupéen et la Fédération Française d’Athlétisme traduit une volonté des deux institutions d’entretenir un dialogue franc et responsable sur l’avenir du sport en Guadeloupe.