Le comité régional olympique et sportif de la Guadeloupe a renouvelé son comité directeur le 24 avril 2009. La gestion des nombreuses contraintes liées à l’installation du nouveau comité, la réorganisation administrative, la réalisation de manifestations programmées, la mise en œuvre d’objectifs tels que la réforme de nos statuts et l’intégration dans la Caraïbe, dans un calendrier sportif chargé, ont été les priorités du nouveau président et du comité directeur.
Nous avions renouvelé les commissions de travail du CROS telles qu’elles existaient à notre prise de fonctions.
Après la première année de plein exercice le bilan sur le fonctionnement de ces commissions n’était pas positif. A l’analyse, il est apparu que ces commissions ne correspondaient pas aux missions du CROS de la Guadeloupe ni à l’architecture mise en place au niveau national, ce qui avait pour conséquence un manque de suivi des initiatives et actions nécessaires pour mener à bien notre programme de mandature.
Le comité directeur, réuni en séminaire en septembre 2010, à ma demande, a décidé de revoir l’organisation du CROS en se référant à l’organisation du CNOSF qui peut se décliner localement et correspond mieux à l’efficacité recherchée dans notre fonctionnement.
Je rappelle qu’il est dans notre mission de «représenter le sport en Guadeloupe pour toutes les questions d’intérêt général notamment auprès des pouvoirs publics ».
C’est pour cela que le président et le comité directeur ont besoin de commissions qui fonctionnent effectivement, c’est-à-dire qui produisent des analyses, des propositions d’actions et des positionnements dans leur champ de compétence défini par leur appellation.
Il est aussi important que ces commissions puissent « vivre » grâce au management actif des présidents de chacune d’elle, grâce à l’assiduité, l’engagement, l’expertise et le dévouement de chaque membre.
Mesdames et messieurs, je vous remercie d’avoir répondu favorablement à ces appels de candidatures pour œuvrer pour le Mouvement Sportif Guadeloupéen dont nous sommes tous des membres qui faisons sa richesse, grâce à nos diversités, nos talents, nos différences et même nos différends. A quelques jours de la moitié de la mandature je suis un président qui a pris la mesure de la mission à accomplir et des conditions de la réussite du challenge collectif de l’équipe dirigeante.
Si tout le monde réaffirme la nécessité de prendre en compte le «sport comme axe majeur de développement», il convient au préalable de concevoir toute «politique sportive» dans sa globalité et sa transversalité. C’est peut-être là le rôle essentiel du CROS de la Guadeloupe pour faire partager cette approche, faire admettre les enjeux et défendre cette idée dans toutes les instances où il est présent (CCEE, comité du tourisme, éducation, commission du sport de haut niveau..) et auprès des pouvoirs publics.
Aucune politique sportive à l’échelle d’un territoire géographique ou politique ne peut se concevoir et être mise en œuvre sans concertation et prise en compte des aspirations et des revendications du mouvement sportif dont le porte parole est l’organisme olympique, institutionnellement reconnu , aussi bien au niveau national dans les textes de loi, mais aussi sur le plan européen et international.
Mais bien plus c’est l’autonomie du mouvement sportif qui a été reconnue.
Nous devons veiller à toujours défendre cette autonomie dans l’intérêt du développement des disciplines, de l’équité des compétitions et l’intégrité de nos athlètes et dirigeants.
Je dois vous dire les choses clairement. Le CROS de la Guadeloupe travaille à cette reconnaissance et recherche ce partenariat avec le plus grand nombre d’institutions: c’est pour que la politique sportive en Guadeloupe puisse avoir du sens, se projetter dans un futur d’ambitions.
C’est pour cela que nous avons « reformaté et remodelé » nos commissions. Ce n’est pas sans raison mais pour mieux travailler, pour mieux construire, avec les autres, nos partenaires, ceux qui le veulent bien. Si nous sommes forts, compétents, productifs, unis, pourront ils nous ignorer ?
Conformément aux propositions faites à l’issue de la 1ère Conférence Guadeloupéenne du sport précédant l’Assemblée Générale d’avril 2010, nous avons mis en place une commission des équipements sportifs.
Cette commission présidée par Monsieur Philippe MARTOL, ancien champion sportif, actuel directeur de l’UNSS ayant donc une vision globale des disciplines, sera rapidement mise à l’épreuve avec deux objectifs prioritaires : d’une part faire le point sur les installations sportives scolaires et d’autre part, dans la perspective du nouveau paysage territorial, préparer et élaborer des schémas territoriaux d’équipements sportifs.
Nous allons dans une prochaine rencontre avec l’association des maires les sensibiliser à cette démarche prospective et structurante sachant que l’intercommunalité est désormais obligatoire.
Il faudra également que la commission puisse émettre des avis et des propositions sur les projets. Le CROS est obligatoirement consulté lorsque le projet demande un financement CNDS mais il serait positif que les collectivités en Guadeloupe, si elles le souhaitent, soumettent leurs projets pour avis.
Mesdames et messieurs, dans le contexte actuel, nous avons l’obligation de mettre le Mouvement Sportif au service de la cohésion sociale et jouer un rôle majeur dans la construction d’une société où triomphent les valeurs olympiques.
EDUQUER LES VALEURS OLYMPIQUES, tel est notre mot d’ordre pour 2011. Nous aurons à privilégier nos actions vers cet objectif et au profit des jeunes, « scolaires » en priorité mais pas seulement.
Le président de la commission santé et sport, Monsieur Prosper CONGRE, a déjà fait des propositions multiples à ce sujet. Je tiens à dire aujourd’hui que cela serait un formidable symbole, que les jeux organisés au lycée de Blanchet ,à Gourbeyre, puissent être exemplaires.
Le CROS de la Guadeloupe est pour «un sport éducatif intégré dans toute la vie sociale». C’est pour cela que nous proposons que la priorité soit portée sur la place du sport dans l’éducation et les moyens de cette politique. C’est pour cela qu’il nous faut cette année décliner les conventions nationales avec l’USEP et l’UNSS.
Le CROS a apprécié la volonté des pouvoirs publics, en particulier le conseil général et le rectorat donc l’état, de créer un collège sportif au sein du pôle d’excellence que constitue notre CREPS.
Dans la suite de la motion adoptée par notre comité directeur, nous aurons à solliciter les autorités compétentes afin d’être au moins entendus sur la proposition de faire du lycée de Baimbridge un lycée dédié aux sports.
Une structure de la sorte existe en Jamaïque et à l’heure où on parle de créer un espace pour la formation dans le domaine des arts, il serait judicieux de penser ce lycée-sports dans lequel l’ambition serait de faire cohabiter des têtes bien faites dans des corps sains. Le Préfet de la Guadeloupe s’est engagé à actionner une réunion à ce sujet. Là aussi, nous devons être prêts grâce au travail effectué au sein des commissions.
Notre démarche concerne aussi le pôle universitaire de Fouillole qui ressemble un peu à celui de Miami, avec la mer et les bateaux mais avec les installations sportives en moins. Comme l’a dit le président Sarkozy dans ses vœux au monde sportif : « il faut développer de véritables filières sportives avec les équipements qui vont avec. »
De même, il y a trop longtemps que l’on parle de maison des sports et de musée des sports. Une séance de travail avec le président de la commission des sports du conseil général a permis de jeter de nouvelles bases pour que le CROS, missionné, puisse faire des propositions concrètes dans l’année. La commission « Mémoire et Patrimoine », présidée par Madame NAUDILLON, dont je salue la réussite récente à une formation diplômante dans le management sportif au Pôle de Fouillole de l’UAG, a déjà commencé à travailler et à mettre en place sa stratégie et ses méthodes.
Il nous faut des propositions concrètes. La commission des finances, présidée par Yves GAPPA, devra aussi permettre de mieux voir les possibilités offertes aux sports. Plus l’argent se fait rare et plus il faut chercher, voir imaginer, des solutions et d’autres sources. D’ores et déjà vous aurez à réfléchir sur l’actuel contrat de plan et à projeter le sport dans le futur car dans ce domaine, le sport guadeloupéen est loin de recevoir les aides financières européennes dont bénéficie le sport à la Réunion, notamment pour en ce qui concerne les échanges et les déplacements des sportifs.
Je tiens à dire ici ce soir que les Carifta d’Athlétisme sont menacés d’annulation en 2011, pour la première fois de son histoire et année de sa 40ème édition. Cela prouve que partout dans le monde, le sport est victime de la crise. Seule l’imagination et l’innovation peuvent nous permettre de maintenir nos objectifs.
C’est pour cela que je crois aux vrais partenariats avec des entreprises privées. J’espère que cette année nous pourrons signer des contrats de 3 ans, « partenaire officiel du CROS de la Guadeloupe », « partenaire officiel du Mouvement Sportif Guadeloupéen » avec des entreprises. Je tiens à remercier celles qui jouent déjà le jeu de cet engagement sociétal.
Nous avons créé un fonds de dotation baptisé GUADELOUPE OLYMPIQUE, il nous appartiendra de le faire fructifier à partir de cette année. De jeunes talents, des sportifs, des étudiants guadeloupéens ont besoin de l’aide d’un tel outil au service du sport en Guadeloupe.
La commission des athlètes et du haut niveau devra très prochainement prendre l’attache de notre CREPS pour réfléchir sur un centre de ressources, sur des actions de recherche et de développement pouvant contribuer à atteindre nos objectifs en matière de sport de haut niveau. Cette commission doit faire toutes propositions sur les conditions de préparation des sportifs, leur statut social, leur formation, leur insertion professionnelle.
A ce sujet, je crois que l’avenir du mouvement sportif, ici et ailleurs, est directement lié à la professionnalisation. Il nous faudra faire des propositions concrètes et prendre toute initiative pour la mise en œuvre d’un « plan régional pour l’emploi » dans ce domaine. Les expériences menées dans d’autres régions pourraient nous être utiles.
En tant que membre du CCEE de la Guadeloupe, j’aurais à m’exprimer sur les orientations budgétaires du Conseil Régional. Je crois que les propositions de la région ne tiennent pas assez compte de la nouvelle gouvernance qui est en train de se mettre en place au niveau national. Cette nouvelle gouvernance est basée sur une gestion concertée entre les quatre acteurs : Etat, Collectivités, Mouvement Sportif et Entreprises.
Sur la base de cette concertation et pour asseoir une politique volontariste, il conviendrait d’élaborer un « cadre sport » dans lequel se feraient les conventionnements avec les ligues et comités.
Les attributs de la commission du fairplay seront exercés par la commission juridique et éthique. Cette commission sera saisie en cas de litige transmis au CROS de la Guadeloupe. Elle devra surtout, faire des propositions pour mieux former et informer les acteurs du sport sur les contraintes juridiques et éthiques de plus en plus importantes dans ce domaine.
Comment ne pas parler ici de notre ambition de voir une délégation de la Guadeloupe un jour participer aux Jeux panaméricains ? Un des chantiers de la commission coopération et relations extérieures. Depuis le 13 novembre 2010, le CROS de la Guadeloupe est membre de la CANOC (Association des Comités Olympiques Nationaux de la Caraïbe) mais notre objectif est d’intégrer, même au titre de « membre associé » (comme la Nouvelle Calédonie d’ailleurs) notre structure continentale. Pour cela, nous devons franchir des étapes. Nous devons donc poursuivre nos efforts et affiner nos démarches « diplomatico-sportives ».
Il faut que nos ligues participent aux compétitions panaméricaines, ne serait-ce que pour s’aguerrir et se préparer. Je crois qu’il est très raisonnable de maintenir nos objectifs avec les CAC Games en 2014 et les Jeux panaméricains de 2015. Administrativement, sportivement et financièrement cela me semble le meilleur des calendriers.
Je voudrais aussi dire, concernant le football, qui connait une réforme au niveau national, qu’il serait peut être opportun de proposer que la FFF puisse permettre une intégration de la LGF comme membre à part entière à la CONCACAF. Cela serait aussi important dans la reconnaissance de notre identité singulière.
C’est pour tenir compte de cette identité singulière que le CROS de la Guadeloupe a proposé dans un courrier adressé au Ministre des Sports que la Guadeloupe participe, à titre expérimental, aux Jeux de la Francophonie à Nice en 2013. A l’instar de nos voisins, nous devons rechercher toutes les opportunités permettant de nous ouvrir au Monde.
Lorsque cela sera nécessaire, nous mettrons en place aussi des commissions ad hoc car le mouvement sportif est riche de ses talents et les sujets ne manqueront pas. Par exemple, très prochainement nous devrons commencer à réfléchir et préparer 2013, le 40ème anniversaire du CROS de la Guadeloupe. Mon idée de faire un marathon Anse Bertrand à Pointe-À-Pitre est encore présente en tête !
Mesdames, messieurs, tels sont les principaux points que je voulais introduire. Bien entendu chaque commission aura la liberté d’explorer d’autres sujets, de s’enrichir de l’apport d’experts et de proposer au comité directeur des actions et des initiatives dans son domaine.
Ce soir, je vous remets aussi un dossier avec les discours des vœux du Président de la République, de la Ministre des Sports et du Président du CNOSF. Je souhaite que vous puissiez trouver dans ces documents des pistes de réflexions et d’actions pour le développement du Mouvement Sportif Guadeloupéen.
Pour rappel, 2011 c’est aussi l’année européenne du volontariat et du bénévolat. Nous aurons l’occasion de marquer cette année et dans ce domaine aussi toutes les idées seront les bienvenues.
Pour conclure, je serais le plus simple que possible en vous formulant mes vœux pour cette année 2011. Je vous souhaite à chacun, une bonne santé et un plein épanouissement dans votre vie qui vous permettront de donner un peu de votre temps et de vos talents à notre projet collectif.
Je formule le vœu que celles et ceux qui détiennent une parcelle de chaque pouvoir soient à l’écoute du Mouvement Sportif, réceptifs aux analyses et propositions qu’il formule.
Bonne année à tous.
Alain SOREZE
Président du CROS de la GUADELOUPE